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Tetsuji Makita (まきたてつじ ou 蒔田 鉄司) est un ingénieur prolifique de la période d'avant-guerre. Dans son atelier de Shukosha, il conçoit un moteur monocylindre deux temps de 247 cm3 de cylindrée et la moto qui va autour. Il l'appelle JAC (pour Japan Automobile Company), et trois prototypes sont assemblés au printemps 1928. Ils sont soumis à des essais routiers rigoureux, parcourant notamment la route Tokyo–Osaka durant l’été 1929.
La JAC est présentée à l'Exposition Nationale de l'Automobile et de l'Aéronautique qui se tient au Musée National de Tokyo à Ueno. Son stand est visité par le Prince Naruhiko Higashikuni, militaire de carrière qui fondera l'Université de Technologie de Chiba en 1942.
L'originalité et la fiabilité des machines conçues par Makita attirent l'attention de Nihon Jidōsha (Nippon Motor ou 日本自動車). Cette entreprise, qui importait auparavant des Harley Davidson au Japon avant de perdre sa licence au profit de Sankyo, cherche alors à se repositionner en développant un utilitaire à trois roues, un type de véhicule en pleine expansion au Japon. Disposant d’importants moyens financiers, elle propose à Makita de s’installer dans une usine à Omori, initialement dédiée à la peinture d'avions, afin d'y développer des véhicules à 2 et 3 roues. Ainsi, l'ensemble de l'usine de Shukosha est transféré sur ce nouveau site, machines et ouvriers compris.
Le premier véhicule produit dans cette usine est un tricycle utilitaire. Il est baptisé New Era (ニューエラ) et reprend la partie cycle antérieure ainsi que la fourche de la moto. Après la mise en service d’une fonderie à Omori, un nouveau moteur JAC est développé, C'est un monocylindre 4 temps de 347 cm3 refroidi par air et muni de soupapes latérales (SV). Il est installé sur le New Era ainsi que sur la moto JAC qui est produite en série dès septembre 1929.
Sa bonne facture permet à Makita d'intégrer l'usine d'Oromi appartenant à Nihon Jidōsha (Nippon Motor ou 日本自動車).
Une loi de 1924 permet de conduire des tricycles motorisés sans permis, pour autant que la longeur totale n'excède pas 2.40 m et que le moteur ne dépasse pas 360 cm3 de cylindrée. Bon nombre d'artisans vont se lancer dans la fabrication de tels engins.
La plupart des tricycles sont bricolés à partir de motos auxquelles on ajoute une roues à l'arrière, ce qui permet d'avoir un plateau de chargement. Sur ce principe, Makita crée le New Era (新時代 ou ニューエラ). Sa particularité est d'avoir une transmission aux roues arrière avec une chaîne à chaque roue, ce qui améliore sa traction sur les chemins difficiles. Il peut transporter 200 kg. Les premiers modèles commercialisés à partir de 1928 sont munis d’un moteur importé, le JAP britannique, du nom de son inventeur John Alfred Prestwich.
Mais Makita désire fabriquer ses propres moteurs. Une fonderie est construite, ce qui lui permet de couler ses blocs moteurs. Il construit un nouveau moteur JAC inspiré du JAP qui vient rapidement remplacer la motorisation étrangère. C'est un monocylindre 4 temps de 347 cm3 refroidi par air et muni de soupapes latérales (SV). Il est vendu sur les New Era dès 1929. D'après une évaluation officielle du Bureau des chemins de fer, ce moteur présente les mêmes performances que le moteur britannique. L'année suivante il passe à 500 cm3 et développe 12 ch, puis à 650 cm3 pour 15 ch. Le New Era se vend bien, c’est le troisième meilleur tricycle d’avant-guerre, derrière Daihatsu et Mazda.
En 1932 Nihon Jidōsha devient Nihon Nanenki (Nippon Internal Machinery ou 日本内燃機). La vente des New Era reste l’activité principale et se poursuit jusqu’en 1937 où la marque devient Kurogane (くろがね). L’entreprise se porte bien et elle compte cinq usines.
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New Era 1928 |
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New Era 1930 |
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New Era 1935 environ |
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