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Kurogane (くろがね) est une marque crée en 1937 mais les premiers véhicules conçu par l'ingénieur Tetsuji Makita (蒔田鉄司), datent des années 20. Après avoir développé l'Otomo, la première automobiles japonaise produite en série, Makita s’oriente vers la fabrication de motocyclettes avec la JAC, puis du tricycle motorisé New Era.
En 1932, la société prend le nom de Nihon Nanenki (Nippon Internal Machinery ou 日本内燃機) et Makita en est le directeur. Le nom de Kurogane est adopté en 1937.
Le mot Kurogane vient de Kurokin, nielle (ou niello) en français, un alliage composé d’argent, de cuivre et de plomb. Ce sulfure métallique de couleur noir, utilisé en orfèvrerie depuis l’Égypte antique, évoque à la fois robustesse et tradition artisanale.
L'invasion de la Mandchourie par les Japonais fait apparaître le besoin de véhicules adaptés aux conditions difficiles. Nihon Nanenki pourvoie les militaires en véhicules divers. Les usines fabriquent notamment des side-cars Type 93 et Type 97, tous deux basés sur la moto Rikuo, elle-même dérivée de la Harley-Davidson.
Jusqu’alors, Makita n'a développé que des moteurs monocylindres et bicylindres à plat. Le bicylindre en V est l'apanage de Harley-Davidson et Makita ne désirait pas entrer en conflit avec le constructeur américain en copiant son moteur. Les choses changent lorsque l'armée impériale pousse les fabricants autochtones à copier les motos Harley sans verser de droits de licence. Rikuo copie la motocyclette américaine et d'autres usines sont invitées à en faire autant. Makita fabrique alors sa propre version avec une cylindrée de 1196 cm3 (VA). Il est monté sur les side-cars Type 95. En 1937, un moteur VD de 1296 cm3 est développé chez Kurogane et monté sur les Type 97. Cette configuration est également produite par Rikuo, Toyo Kogyo et Okamoto.
Les side-cars sont donc équipés de moteur V2 allant de 1200 à 1400 cm3. Ils sont utilisés par les messagers, pour la reconnaissance et également en tant que moyen de transport sur le front.
Un engin de reconnaissance tout terrain 4x4 est développé, le Type 95. En 1938 Kurogane met également en production le tricycle Model 1 destiné à l’armée, directement dérivé du New Era. spécialement pour l'armée. Il est équipé d’un moteur bicylindre en V à 45° à refroidissement à air et à soupape latérale. La cylindrée est de 747 cm3 pour une puissance de 16,5 ch à 3500 t/min. La transmission est assurée par un arbre et un différentiel. La boîte a 3 vitesses en avant et une marche arrière. Une série spéciale destinée au transport d’officiers est fournie à la Marine japonaise. Equipée de deux banquettes dos à dos, le tricycle permet d’accueillir jusqu’à 4 passagers.
L’entreprise produit également des véhicules à neige, des véhicules de déneigement et des munitions pour navires et avions. Une fois tout cela achevé, les usines sont mobilisées pour la production de pièces aéronautiques. Une nouvelle usine de 13 000 m2 est même construite à Samukawa.
A la fin de la guerre, Nihon Nanenki hérite des usines de Samukawa, Omori et Kamata. Kurogane continue ses activités à Kanagawa. La production des tricycles commerciaux reprend avec le Type KC en 1950. C'est grosso modo le Model 1 civilisé qui conserve la même motorisation. Il peut charger 500 kg, puis viennent le KE et le KD, avec des charges utiles de respectivement 750 kg et 1 tonne.
La nouveauté arrive en 1951 avec le KD2, premier Kurogane équipé d’une cabine. Le moteur est encore un V2, mais avec un angle porté à 90°, une cylindrée de 995 cm3 et des soupapes en tête. Il peut transporter 1 tonne. L'année suivante, un vrai parebrise et un toit en tôle plate sont des améliorations, mais il faut attendre 1954 pour que la carrosserie soit formée à la presse. C'est le KGL avec un moteur de 875 cm3 et 22 ch qui l'emmène à 65 km/h. Sa charge utile est de 750 kg. Kurogane en vend plus de 10 000 cette même année.
Fort de son succès, Kurogane multiplie les modèles en 1955. En bas de gamme il y a le KE pouvant charger 750 kg. Puis vienent les KD (1 tonne), KHL (1,25 tonne), KP (1,5 tonne) et KF (2 tonnes). Ce dernier est pour l'instant le seul équipé de deux phares. Le modèle KP a une cylindrée de 1123 cm3 pour 28 ch. Dès 1956, des portes sont montées de chaque côté de la cabine.
En 1955, le groupe Tōkyū (東急株式会社) achète Nihon Nanenki dans l’objectif de créer un nouveau constructeur automobile. Kurogane et Ōhta Jidōsha (オオタ自動車) sont absorbés en 1957. Tout ce beau monde se retrouve sous une entité nommée Nihon Jidōsha Kōgyō (日本自動車工業), soit littéralement : Fabrique d’automobiles japonaise.
Le modèle KR de 1957 se distingue par une cabine entièrement fermée en acier, et un volant à la place du guidon. Il est mu par un moteur V2 OHV de 1360 cm3 refroidi à l'air. Les tricycles Kurogane adoptent des moteurs Ohta performants. Le KS est équipé d'un nouveau moteur E-13 à 4 cylindres en ligne à refroidissement liquide d'une cylindrée de 1263 cm3.
En 1958, le KR évolue en KY/KU et adopte le moteur E-15, un quatre cylindres de 1488 cm3 développant 62 ch à 4700 tr/min et 112 Nm à 2600 tr/min. Cette motorisation lui permet d’atteindre 90 km/h en quatrième vitesse. Il faudra encore plusieurs années à Daihatsu pour atteindre cette puissance.
Le KY10 de 1961 mesure 5 m de long et pèse 1600 kg. C'est un véritable camion à trois roues. En parallèle, le KW7 de 1962, plus compact (4 mètres), utilise le moteur E-10, 4 cylindres en ligne de 1046 cm3, 42 ch à 4700 t/min et 77 Nm à 2400 t/min. Avec un poids à vide de 1270 kg, il peut charger 1 tonne et rouler à une vitesse maximum de 90 km/h.
L’entreprise change encore de nom en 1959 pour s'appeler Tōkyū Kurogane Kōgyō (東急くろがね工業). On le sait, le règne des utilitaires à trois roues est révolu. Ils déclinent progressivement au profit des véhicules à quatre roues et Kurogane doit s’adapter apour survivre. Le Mighty de 1957 est un héritier des tricycles alors que les Nova et Baby sont des produits Ohta.
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Game Kurogane en 1961 |
Malgré un bon démarrage commercial, la concurrence est féroce et Kurogane se retrouve en difficulté financière. A la fin des années 50, Tōkyū est en faillite et doit se séparer de Kurogane. La production est interrompue et l'avenir de l’entreprise devient incertain.
Un accord de reprise est passé avec Nissan pour la production de pièces en sous-traitance, le moteur Type D est monté dans le Nissan Cablight ainsi que dans des machines industrielles comme des chariots élévateurs. Le nom de Tōkyū Kurogane Kōgyō disparaît en 1964 et l'entreprise devient Nissan Kohki. Ce dernier est installé dans l'usine de Samukawa et se charge des moteurs des Skyline et des Fairlady, avant de devenir une filiale à 100 % de Nissan en 1970.
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Kurogane |
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Kurogane Type 93, 1933 |
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Kurogane VA 1200, 1935 |
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Kurogane Type 97, 1937 |
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Kurogane Type 95, 1937 |
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Kurogane Model 1, 1938 |
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Tetsuji Makita au guidon du tricycle de la Navy |
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Kurogane KC 1950 |
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Kurogane KP 1956 |
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Kurogane KR 1957 |
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Kurogane Mighty 1957 |
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Kurogane Nova 1959 |
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Kurogane Baby 1960 |
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