En mai 1949 est créé le M.I.T.I. (Ministry of International Trade and Industry) qui va régler le commerce intérieur et extérieur du Japon. Il devient rapidement l'organe unique et puissant du gouvernement qui va servir à redresser l'économie. Le M.I.T.I. recherche les fonds et dirige les investissements. Il traite directement avec les banques et les industries, imposant les stratégies commerciales, contrôlant les importations et exportations, et ayant un œil sur toutes les affaires du pays.
Le M.I.T.I. donne la priorité à quatre secteurs clés de l'économie : l'énergie électrique, la construction navale, le charbon et la sidérurgie. Le gouvernement japonais sait qu'il ne pourra sortir de la crise sans l'aide des pays occidentaux. Il encourage ses industriels à s'allier à des constructeurs étrangers, surtout européens, pour combler leur retard. Toutes les grandes entreprises sont invitées à participer à l'effort de reconstruction de la nation.
En octobre 1949, une libéralisation du marché de l'automobile est donnée, bien que les prix restent sous contrôle du M.I.T.I. Les ventes reprennent légèrement grâce à la vente au crédit mais les constructeurs doivent faire face aux retards de paiements et la situation ne s'améliore pas.
Les industries ont produit du matériel de guerre en masse. Ce sont souvent les même qui fabriquaient les avions de chasse et les locomotives. Les anciennes industries textiles qui avaient dû se reconvertir dans la construction aéronautique durant la guerre vont être appelées à se développer dans le domaine des transports terrestres.
Heureusement, les Américains comprennent vite qu'il faut laisser la reconstruction économique du pays aux économistes japonais. Ainsi ils deviendront moins impopulaires et garderont un allié d'importance stratégique à la porte de l'Asie durant la guerre froide.
L'industrie automobile est toute désignée pour relancer l'économie japonaise effondrée. Mais il y a un problème, le retard technologique des voitures nippones accuse bien 40 ans sur les voitures occidentales.
Le M.I.T.I. décide de rattraper le retard industriel en quelques années à peine. L'importation est quasi stoppée et on encourage les entrepreneurs locaux. Ils doivent se débrouiller avec ce qu'ils ont. Des aides sont parcimonieusement distribuées et les taxes d'achat sur les véhicules neufs sont réduites.
C'est une époque difficile pour l'industrie nippone qui connaît ses premières et uniques grèves. La demande interne est encore faible, l'exportation presque impossible. Nissan doit sa survie à la Banque du Japon qui la sauve d'une faillite et Toyota doit renouveler sa direction.
Les ingénieurs japonais s'inspirent des automobiles européennes et américaines mais le résultat est loin d'être concurrentiel. Tout le monde se demande comment fabriquer une petite voiture économique en masse qui soit de bonne qualité et agréable à regarder.
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Garage spécialisé dans la réhabilitation des Jeep laissées par les Américains |
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Bus fonctionnant au charbon de bois,
Kobe 1947 |
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Rues de Tokyo en 1949 |
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Rue de Kyoto 1949 |
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