Le vieux continent
Après les Etats-Unis, l'Europe représente le deuxième front d'attaque des Japonais. Parallèlement à la recherche d'alliances, en 1986, Nissan (qui contrôle déjà Motor Iberica en Espagne depuis 1982) installe une usine dans le nord de l'Angleterre, d'une capacité de production de 100 000 voitures par an. Les constructeurs japonais installent dans un pays de la Communauté des « usines-tournevis », en vue d'obtenir le label communautaire pour les produits ainsi assemblés dans ces simples unités de montage. Toyota (1992) et Honda s'installent ensuite, en Angleterre aussi.
Plus conservative et protectionniste, l'Europe résiste aux keiretsu. Les constructeurs japonais sont obligés de traiter avec des entreprises européennes. Si une soixantaine d'équipementiers japonais s'installent en Europe jusqu'au début des années 90, les constructeurs se fournissent quand même localement, à hauteur de 50% pour Toyota par exemple. Les méthodes de gestion des uns et des autres, au départ très différentes, se sont confrontées pour déboucher sur un consensus commun. Ainsi le vieux continent ne subit pas autant de dégâts que les Etats-Unis mais le coup de pied dans la fourmilière se ressent également. La globalisation mondiale de l'industrie automobile est en marche et on ne peut l'ignorer, au risque de ne plus exister à moyen terme.
L'Asie
Les constructeurs japonais investissent également le sud-est asiatique, le marché qui détient la plus grande croissance économique du monde. Les fournisseurs ont moins de peine à alimenter leurs constructeurs et peuvent bénéficier de la main-d'œuvre moins onéreuse. D'ailleurs, ils n'hésitent pas à exploiter ce filon afin d'alimenter les constructeurs japonais en pièces produites dans ces pays.
Durant les années 80, les Japonais augmentent les ventes d'automobiles de 30% chaque année dans l'ASEAN (Thaïlande, Malaisie, Indonésie et Philippines) pour arriver à en vendre 2 millions en 1990. Ils détiennent 90% du marché. Si l'on considère que ce marché en pleine expansion n'en est qu'à son début (en 1990) il représente un facteur déterminent dans la stratégie globale et future de l'industrie automobile japonaise.
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L'usine Nissan de Sunderland (R-U.) date de 1986 |
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Toyota UK produit à Burnaston (R-U.) depuis 1992 |
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Mitsubishi Motor aux Philippines |
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