Déléguer pour se protéger
Malgré une relation si étroite, le constructeur n'est pas responsable de la rentabilité ou du nombre d'employés d'un fournisseur. Si la production baisse, la répercussion se fait chez les fournisseurs principaux puis sur ceux d'en-dessous. Cela donne plus de liberté au constructeur pour s'adapter aux variations du climat économique.
Toyota est le plus gros constructeur automobile, suivi de près par Nissan. Les huit autres forment le dernier tiers de l'industrie automobile japonaise. Dans ces huit, il y a Daihatsu, Hino, Fuji (Subaru), Honda, Mazda, Mitsubishi, Suzuki et Isuzu. Durant les années 80, 4 nouvelles usines sont construites et la production totale augmente de 8.3 % pour arriver quasi à 13 millions de véhicule produits à l'année en 1990. Dans ce même temps le nombre d'employés a baissé de 7.4 %. Les salaires ont quadruplés depuis 1975, les ouvriers sont aussi plus qualifiés et plus couteux. Il est alors indispensable pour les constructeurs d'augmenter la productivité du travail en investissant dans de nouveaux équipements et usines automatisées.
Sur les 88 usines en 1990, la moitié est utilisée pour l'assemblage. Sur les 16 qui fonctionnent pour Toyota, 11 sont sous-traitées. Pour Nissan ce sont 9 usines sur 14. Chez Toyota, 40 % des 4 millions de véhicules produits annuellement sont assemblés chez les sous-traitants, dont font partie Hino et Daihatsu. Nissan procède de même en sous-traitant 40 % (1981) à 35 % (1990) de sa production. Les autres constructeurs sous-traitent en moindre mesure, comme Honda qui confie 10 % de sa production à Yachiyo Industry ou Mitsubishi chez Toyo Koki.
Cette façon de faire est profitable aux constructeurs qui peuvent produire plus sans devoir maitriser toutes les aptitudes pour y arriver. Ils peuvent s'adapter rapidement aux changements économiques tout en garantissant un plein emploi et une haute capacité d'opération au sein de leur entreprise. Cette stabilité permet de pouvoir se concentrer sur la productivité interne. L'accroissement de la productivité découle d'innovation dans des procédés technologiques, des groupes de travail transversaux et des relations étroites avec les fournisseurs principaux.
Toyota arrive à générer l'équivalent de 70 % de la production de General Motors en Amérique du Nord avec la moitié moins d'usine.
Le revers de la médaille
Cette structure keiretsu avec ses sous-traitants a été en grande partie responsable de la compétitivité des marques automobiles japonaises et de leur émergence au niveau mondial, mais elle peut également se révéler destructrice. Même en période d'Eldorado, comme à la fin des années 80, les fournisseurs se sentent exploités par les constructeurs. Alors que les grandes marques japonaises emmagasinent des profits considérables grâce à un accroissement des ventes, les fournisseurs voient leur profit diminuer. Seuls les fabricants d'électroniques réussissent à augmenter leur bénéfice. Il apparait clairement que les constructeurs gagnent sur le dos des fournisseurs.
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La sous-traitance
C'est l'action de confier la réalisation d’une pièce ou d’un produit à une entreprise tierse plus spécialisée. La commande peut se faire à une entreprise d’une même région ou d’un même pays, mais de plus en plus, cette sous-traitance est internationale.
Les grandes entreprises ont recours à cette sous-traitance afin de bénéficier du « savoir-faire » des entreprises spécialisées (c’est la spécialisation). L’internationalisation permet de bénéficier d’une main d’œuvre moins chère dans les pays en développement, soit en délocalisant une usine de leur entreprise vers un pays où les salaires seront moins élevés, soit en passant commande à un équipementier spécialisé localisé dans un pays moins riche.
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Exemple d'un fournisseur sous-traitant: Yachiyo Industry produit des biens pour le compte de Honda. |
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